Depuis le 1er mai 2026, les salles de sport françaises qui souhaitent fonctionner en accès libre, c’est-à-dire sans coach ni personnel présent en permanence, doivent respecter un nouveau cadre réglementaire strict. Concrètement, cela change la donne pour des dizaines de salles qui proposaient déjà un accès 24h/24 aux abonnés, ainsi que pour les enseignes qui voulaient se lancer sur ce modèle économique.
Un plafond de 19 personnes sans personnel
Le texte de référence est un arrêté du 4 février 2026, publié au Journal Officiel le 15 avril 2026, qui modifie l’article PE 27 du règlement de sécurité incendie des établissements recevant du public. Il fixe un seuil précis : une salle peut rester ouverte sans personnel présent tant qu’elle n’accueille pas plus de 19 personnes simultanément. Au-delà de ce nombre, la présence physique d’un membre du personnel redevient obligatoire.
- Réservation préalable obligatoire pour chaque créneau, y compris tôt le matin ou tard le soir.
- Système de comptage qui bloque physiquement l’entrée au-delà du seuil (tourniquet, badge ou QR code).
- Accès strictement réservé aux adultes : les mineurs sont interdits, même accompagnés.
Des équipements de sécurité désormais exigés
Pour compenser l’absence de surveillance humaine, les exploitants doivent installer de la télésurveillance dans les zones d’entraînement (jamais dans les vestiaires, pour préserver l’intimité des usagers) ainsi que des boutons d’alerte audio accessibles dans la salle et dans les vestiaires. Ces dispositifs doivent être reliés à un service de télésurveillance agréé par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité).
Les salles concernées doivent également se situer en rez-de-chaussée, en dehors des centres commerciaux, et relever de la catégorie des établissements recevant du public de 5e catégorie (moins de 200 personnes de capacité théorique).
Une démarche administrative à ne pas négliger
Avant toute ouverture en accès libre, l’exploitant doit adresser une notification par lettre recommandée à trois interlocuteurs : le SDJES (Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports), le SDIS (les pompiers) et la mairie. Selon les estimations des professionnels du secteur, la mise en conformité complète d’une salle représente un investissement qui va de 1 500 € pour un établissement déjà bien équipé jusqu’à 10 000 € pour un démarrage à zéro, auquel s’ajoute un abonnement mensuel de télésurveillance.
Ce que cela change pour les abonnés
- Plus de flexibilité horaire dans les salles conformes, avec un accès possible dès 6h ou après 23h.
- Une réservation systématique devient nécessaire, même pour les habitués.
- Les créneaux les plus demandés (avant/après le travail) risquent d’être régulièrement complets une fois la limite de 19 personnes atteinte.
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large autour de la forme et du bien-être, mais touche aussi des questions de droit et de réglementation qui concernent directement la vie pratique des usagers.
Questions fréquentes
Une salle de sport peut-elle rester ouverte 24h/24 sans aucun encadrement ?
Oui, à condition de respecter le plafond de 19 personnes simultanées et l’ensemble des obligations de sécurité (télésurveillance, boutons d’alerte, réservation obligatoire). Au-delà de ce seuil, du personnel doit être présent.
Les mineurs peuvent-ils s’entraîner en accès libre, même accompagnés d’un adulte ?
Non, la réglementation exclut strictement les mineurs de l’accès libre, sans exception, même en présence d’un parent.
Que se passe-t-il si une salle ne respecte pas ces nouvelles règles ?
La responsabilité de la mise en conformité incombe à chaque exploitant, qui doit notifier son projet au SDJES, au SDIS et à la mairie avant l’ouverture. Le non-respect de ces obligations expose l’établissement recevant du public à des sanctions administratives liées à la sécurité incendie et à l’accueil du public.
