À quelques jours de la rentrée, l’Éducation nationale affiche un paradoxe : le nombre de postes ouverts aux concours d’enseignants 2026 progresse nettement, mais la pénurie de professeurs reste une réalité dans plusieurs académies et disciplines. Décryptage des chiffres qui expliquent cette situation.
Plus de postes ouverts aux concours qu’en 2025
Pour la session 2026, le ministère de l’Éducation nationale a ouvert 11 600 postes au CRPE externe (concours de recrutement des professeurs des écoles), répartis entre 5 000 postes accessibles à bac+3 et 6 600 à bac+5, contre 8 117 postes en 2025. Une hausse significative destinée à sécuriser le vivier de candidats avant la rentrée.
Des disciplines toujours en tension au Capes
Malgré cette progression côté premier degré, le Capes reste marqué par des disciplines historiquement déficitaires : les rapports syndicaux évoquent 24 postes non pourvus en lettres classiques et 13 en allemand. À cela s’ajoute la perte d’environ 250 postes supplémentaires liée aux candidats admis simultanément à plusieurs concours (les « bi-admis »), qui ne peuvent occuper qu’un seul poste.
- 3 185 postes étaient restés vacants à l’issue des concours enseignants en 2024, un point de comparaison qui donne la mesure du chemin parcouru ;
- le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, indique que le nombre de postes non pourvus est « en forte réduction » à l’issue de la session 2026 ;
- les disciplines scientifiques et l’allemand restent les plus difficiles à pourvoir selon les organisations syndicales, dont le Snes.
4 000 suppressions de postes inscrites au budget 2026
Autre élément du tableau : la loi de finances 2026 prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignants sur l’ensemble du territoire, touchant à la fois le premier et le second degré. Cette baisse s’explique en partie par l’évolution démographique du nombre d’élèves, mais elle limite mécaniquement les marges de manœuvre des rectorats pour renforcer les équipes là où les besoins sont les plus criants.
Le rôle croissant des enseignants contractuels
Pour combler les postes non pourvus par les lauréats des concours, les académies s’appuient de plus en plus sur des professeurs contractuels. Ils représentent aujourd’hui 10 à 15 % des effectifs de l’Éducation nationale, avec environ 52 000 contractuels stables dans le second degré. Un enseignant sur dix exerce désormais sous ce statut, avec une proportion de 2,7 % dans le premier degré contre 11,1 % dans le second. Certains rectorats, comme celui de Poitiers, ont toutefois révisé à la baisse leurs embauches de contractuels pour la rentrée 2026, rendant plusieurs centaines de postes.
Ce que cela change concrètement pour les familles
Pour les parents, ce contexte se traduit surtout par un risque persistant de classes sans titulaire fixe en début d’année dans les zones et disciplines les plus tendues, en attendant l’arrivée de contractuels ou de titulaires en mobilité. Les académies concentrées sur les sciences, l’allemand et les lettres classiques restent les plus exposées. Retrouvez nos autres repères sur l’école et la formation, ainsi que le suivi de l’actualité nationale et nos décryptages de vie pratique et société.
Questions fréquentes
Combien de postes sont ouverts au concours de professeur des écoles en 2026 ?
11 600 postes sont ouverts au CRPE externe 2026, contre 8 117 en 2025, soit une hausse marquée destinée à répondre aux besoins de recrutement du premier degré.
Pourquoi certains postes restent-ils non pourvus malgré cette hausse ?
Certaines disciplines du secondaire, comme les lettres classiques ou l’allemand, manquent structurellement de candidats, et les « bi-admissions » à plusieurs concours font perdre des postes déjà attribués sur le papier.
Les suppressions de postes prévues en 2026 vont-elles aggraver la situation ?
La suppression de 4 000 postes inscrite au budget 2026 réduit les marges de manœuvre des académies, mais le ministère affirme que le nombre de postes non pourvus recule malgré tout cette année.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
