Le budget habillement des ménages français traverse une zone de turbulences. Selon l’étude Référenseigne Expert Fashion 2026 de Worldpanel by Numerator, le marché français de l’habillement a reculé de 1,3 % en valeur en 2025, pour atteindre 34,7 milliards d’euros, et la tendance ne s’inverse pas en 2026 : le premier trimestre a même enregistré son plus bas niveau de transactions depuis cinq ans, selon FashionNetwork France.
Concrètement, ce ralentissement se lit d’abord dans les intentions des consommateurs. 66 % des Français envisagent de réduire leur budget consacré aux vêtements, un chiffre qui place désormais l’habillement devant certaines dépenses de loisirs dans la liste des postes à rogner. Une bascule qui redessine en profondeur les habitudes d’achat, entre magasins physiques, plateformes en ligne et seconde main.
Les enseignes à bas prix tirent leur épingle du jeu
Dans ce contexte de pouvoir d’achat contraint, les enseignes misant sur une stratégie de prix bas permanents progressent fortement : elles représentent désormais près de 29 % du marché de l’habillement en France. Ce basculement s’accompagne d’un retour partiel vers le magasin physique, les consommateurs cherchant à comparer et à toucher les produits avant l’achat, tout en restant très attentifs au rapport qualité-prix.
Pour les enseignes traditionnelles de milieu de gamme, la pression est double : elles doivent composer avec la concurrence des acteurs à bas coûts et avec la montée en puissance du commerce en ligne, qui capte une part croissante des achats de mode, notamment chez les plus jeunes.
La seconde main, nouveau réflexe budgétaire
Autre signal fort de cette mutation : la seconde main s’installe durablement dans les habitudes de consommation. Selon l’Institut Français de la Mode (IFM), elle représente déjà 11,8 % des achats d’habillement en valeur en France, un taux qui grimpe à 17,5 % chez les 18-34 ans. Vide-dressings, friperies, plateformes spécialisées : ce mode d’achat n’est plus une niche mais un réflexe généralisé, en particulier pour les jeunes générations plus sensibles à la question environnementale et au budget.
- Marché français de l’habillement 2025 : 34,7 milliards d’euros, en baisse de 1,3 %
- 66 % des Français prêts à réduire leur budget vêtements
- Enseignes à bas prix : environ 29 % de part de marché
- Seconde main : 11,8 % des achats en valeur, 17,5 % chez les 18-34 ans
Comment adapter son budget mode sans sacrifier le style
Pour les ménages qui souhaitent limiter la casse sur leur poste habillement sans renoncer à se renouveler, plusieurs leviers concrets se dégagent des tendances observées cette année :
- Privilégier les pièces intemporelles plutôt que les micro-tendances, pour limiter le renouvellement de garde-robe
- Explorer la seconde main pour les pièces structurantes (manteaux, blazers) où la qualité initiale reste un atout
- Comparer les prix entre magasin physique et achats en ligne avant une dépense importante
- Surveiller les périodes de soldes plutôt que les mises en avant permanentes de certaines enseignes
- Intégrer le budget habillement dans une réflexion plus large de gestion du budget familial
Cette évolution du marché de la mode illustre un changement plus large de la consommation en France, où arbitrage budgétaire et recherche de sens cohabitent de plus en plus étroitement.
Questions fréquentes
Pourquoi le marché de l’habillement recule-t-il en France ?
La baisse s’explique principalement par la contrainte sur le pouvoir d’achat des ménages, qui pousse une majorité de Français à réduire ou reporter leurs achats de vêtements, au profit d’autres priorités budgétaires.
La seconde main remplace-t-elle vraiment les achats neufs ?
Elle ne remplace pas totalement l’achat neuf, mais elle capte une part croissante du budget habillement, en particulier chez les 18-34 ans, où elle représente déjà près d’un achat sur cinq en valeur.
Les enseignes à bas prix vont-elles continuer à progresser ?
Tant que la pression sur le pouvoir d’achat perdure, les enseignes à prix bas permanents devraient continuer de gagner des parts de marché, au détriment des positionnements intermédiaires.
