Commander sur Shein, Temu ou AliExpress ne s’accompagne plus des mêmes conditions qu’il y a un an. Depuis le 1er juillet 2026, l’Union européenne a mis fin à l’exonération de droits de douane sur les petits colis de moins de 150 euros, une règle qui datait de 2009. Un changement de fond, porté par l’explosion du e-commerce venu de pays tiers, qui touche directement le porte-monnaie des acheteurs en ligne.
Une franchise vieille de quinze ans qui saute
Jusqu’ici, tout colis d’une valeur inférieure à 150 € échappait aux droits de douane à l’entrée dans l’UE. Un régime pensé pour de petits volumes, mais totalement dépassé par la réalité du marché : selon la Commission européenne, 4,6 milliards de colis de moins de 150 € sont entrés dans l’Union en 2024, contre environ trois fois moins deux ans plus tôt. La réforme, adoptée par le Parlement européen et le Conseil le 26 mars 2026, vise à combler ce qui était devenu une brèche fiscale et concurrentielle pour les vendeurs européens.
Un forfait de 3 € par catégorie d’articles
Concrètement, depuis le 1er juillet 2026, chaque colis provenant d’un pays hors UE et dont la valeur ne dépasse pas 150 € est soumis à un droit de douane forfaitaire de 3 euros par catégorie d’articles qu’il contient. Un colis mêlant vêtements et accessoires, par exemple, peut donc être taxé deux fois. Ce forfait provisoire doit s’appliquer jusqu’au 1er juillet 2028, le temps que l’UE affine un dispositif définitif.
- Entrée en vigueur : 1er juillet 2026, pour une durée provisoire de deux ans
- Montant : 3 € par catégorie de produits, et non par colis ni par article
- Redevable : en principe la plateforme ou le vendeur, mais le coût peut être répercuté sur le client
- À venir : des frais de gestion européens supplémentaires, entre 2 et 4 €, annoncés à partir du 1er novembre 2026
Et la taxe française dans tout ça ?
La France avait de son côté instauré en mars 2026 une taxe nationale de 2 € par colis. Elle a depuis été suspendue, pour éviter qu’elle ne se cumule avec le nouveau droit de douane européen. Une clarification bienvenue pour les consommateurs, qui auraient sinon payé deux surcoûts différents sur le même achat.
Pourquoi Bruxelles a bougé maintenant
Au-delà de la seule question fiscale, la Commission européenne met en avant un enjeu de conformité : selon une analyse relayée cet été, une large part des produits vendus par les plus grandes plateformes chinoises ne respecterait pas les normes européennes en vigueur, ce qui justifie aussi un contrôle renforcé des colis à l’entrée du territoire. L’objectif affiché est double : rétablir une concurrence plus équitable avec les commerçants européens soumis à la TVA et aux normes dès le premier euro, et mieux protéger les consommateurs.
Ce que cela change pour les acheteurs
Pour un acheteur régulier de petits articles à bas prix, la hausse reste modérée sur un achat isolé, mais elle s’additionne vite pour les commandes groupées multi-catégories. Les professionnels du secteur, de leur côté, anticipent une possible remontée des prix affichés par les plateformes concernées, qui pourraient intégrer une partie du surcoût en amont plutôt que de le répercuter ligne à ligne.
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Questions fréquentes
La franchise de 150 € a-t-elle complètement disparu ?
Oui pour les droits de douane : depuis le 1er juillet 2026, tout colis de moins de 150 € en provenance d’un pays tiers est soumis au forfait de 3 € par catégorie d’articles. Le seuil de 150 € continue en revanche de distinguer ce régime forfaitaire d’un calcul de douane classique au-delà de ce montant.
Qui doit payer ce nouveau droit de douane ?
En principe, c’est la plateforme ou le vendeur qui est redevable du montant auprès des douanes. Dans les faits, ce coût peut être répercuté en tout ou partie sur le prix payé par le client final.
D’autres frais vont-ils s’ajouter prochainement ?
Oui : des frais de gestion européens, compris entre 2 et 4 euros, doivent venir s’ajouter au dispositif à compter du 1er novembre 2026, en plus du droit de douane forfaitaire déjà en vigueur.
