Après des années de croissance ininterrompue, l’apprentissage marque le pas en France. Selon les dernières données de la Dares, les entrées en contrat reculent depuis le début de l’année, tandis qu’une réforme du barème des aides à l'embauche, entrée en vigueur en mars, redistribue les cartes pour les entreprises comme pour les futurs apprentis.
Un recul confirmé par les chiffres officiels
La Dares, service statistique du ministère du Travail, a comptabilisé 846 700 contrats d’apprentissage signés en 2025, soit environ 5 % de moins que l’année précédente. La tendance ne s’est pas inversée en 2026 : sur les données arrêtées fin mai, les entrées reculaient encore d’environ 3 % sur un an. Au 31 décembre 2025, la France comptait malgré tout plus d’un million de contrats en cours, l’objectif symbolique fixé par les pouvoirs publics restant donc atteint pour l’instant.
Ce ralentissement touche particulièrement l’apprentissage dans le supérieur (BTS, licence, master), qui recule plus fortement que les niveaux CAP ou bac professionnel. Deux facteurs sont avancés par les spécialistes : la baisse progressive des aides à l'embauche, qui met fin à l’effet incitatif des années précédentes, et un marché du travail moins porteur pour les jeunes candidats.
Ce qui change concrètement pour les aides aux entreprises
Un décret entré en application le 8 mars a revu à la baisse et différencié le montant de l’aide unique à l’apprentissage selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé. Pour les structures de moins de 250 salariés, l’aide s’élève désormais à 5 000 € jusqu’au niveau bac, 4 500 € pour un BTS, et seulement 2 000 € au-delà. Pour les entreprises de 250 salariés ou plus, les montants sont nettement inférieurs : 2 000 €, 1 500 € puis 750 € selon le même découpage. Un apprenti en situation de handicap ouvre droit à une aide majorée de 6 000 €.
- Aide versée uniquement la première année du contrat
- Montant proratisé pour les contrats de moins d’un an
- Application aux contrats conclus depuis le 8 mars et débutant avant le 1er janvier 2027
Concrètement, un contrat de niveau bac+3 à bac+5 signé dans une grande entreprise coûte désormais bien plus cher qu’auparavant, ce qui explique en partie le recul observé sur l’apprentissage supérieur.
Pourquoi ce n’est pas qu’une mauvaise nouvelle
Malgré ce ralentissement, l’apprentissage conserve un net avantage à l’insertion : 62 % des diplômés du CAP au BTS passés par l’apprentissage occupent un emploi six mois après leur sortie, contre 41 % pour ceux ayant suivi la voie scolaire classique. Pour les familles qui s’interrogent sur l’orientation, notamment après avoir suivi le budget de la rentrée scolaire, l’apprentissage reste donc un choix pertinent, à condition d’anticiper que certaines filières du supérieur seront désormais moins accessibles côté employeurs.
Cette évolution des aides publiques s’inscrit dans un mouvement plus large de recentrage budgétaire, que l’on retrouve aussi du côté du nouveau contrat destiné à l'emploi des seniors, autre dispositif revu pour limiter le coût pour les finances publiques tout en maintenant une incitation à l'embauche — un sujet suivi de près dans notre rubrique Retraite & Séniors.
Ce que doivent vérifier employeurs et candidats
Avant de signer, les entreprises ont intérêt à vérifier précisément le montant de l’aide applicable à leur taille et au diplôme visé, car l’écart peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la première année. Les candidats, eux, gagnent à comparer les opportunités par filière : les niveaux CAP et bac professionnel restent les mieux soutenus, quand le supérieur devient plus sélectif côté recrutement. Un point qu’a détaillé plus tôt notre article sur la réforme du financement de l’apprentissage.
Questions fréquentes
Le nombre total d’apprentis en France a-t-il baissé ?
Non, la France comptait encore plus d’un million de contrats en cours fin 2025. C’est le rythme des nouvelles signatures qui ralentit, pas le stock global d’apprentis.
Quel est le montant de l’aide à l’apprentissage en 2026 ?
Il varie selon la taille de l’entreprise et le diplôme préparé : de 750 € à 6 000 € selon les cas, contre un montant plus uniforme auparavant.
Quelles filières sont les plus touchées par la baisse ?
L’apprentissage dans le supérieur (BTS, licence, master) recule plus fortement que les formations de niveau CAP ou bac professionnel, moins impactées par la réforme des aides.
Sources
Dares – Séries longues sur le contrat d’apprentissage
Opco EP – Aides à l’apprentissage : ce qui change depuis le 8 mars
Formation Professionnelle Mag – Alternance : les contrats du supérieur chutent
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
