Après le « manger » et le « bouger », voici le « dormir ». C’est la principale nouveauté portée par les experts mandatés pour préparer le futur programme national nutrition santé, dans un avis rendu public à l’été 2026. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une nouvelle stratégie gouvernementale pour l’alimentation et d’un budget alimentaire des ménages sous pression.
Le sommeil, nouveau pilier officiel de la nutrition
Depuis sa création, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) reposait sur deux mots d’ordre : « manger » et « bouger ». Le rapport remis en juin 2025 par un groupe de 18 experts propose d’y ajouter un troisième pilier, le sommeil, pour construire une approche « sur 24 heures » qui articule alimentation, activité physique, sédentarité et repos. L’idée : la qualité du sommeil influence directement les comportements alimentaires et le risque de surpoids, un lien de plus en plus documenté par la recherche.
Le rapport pointe aussi un retard français en matière de durabilité alimentaire par rapport à des pays comme le Danemark, la Belgique ou l’Italie, et recommande de croiser les critères nutritionnels avec des critères environnementaux : impact climatique, usage des sols, consommation d’eau et biodiversité.
Crèches et Ehpad : une réglementation inédite des repas
En parallèle, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030, pilotée conjointement par les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique, prévoit pour la première fois d’encadrer par la réglementation la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance et en Ehpad. Elle fixe aussi des objectifs chiffrés à horizon 2030 : réduire de 30 % le surpoids infantile, atteindre 50 % de produits durables dans la restauration collective (dont 20 % de bio), et faire reculer l’insécurité alimentaire.
Sur ce dernier point, la marche est haute : selon les données citées par l’Inrae, la part de la population touchée par l’insécurité alimentaire est passée de 9 % en 2016 à 16 % en 2022. Les experts recommandent de sortir du seul modèle du don alimentaire pour aller vers un système d’achat financé publiquement, sur le modèle d’une forme de sécurité sociale de l’alimentation.
Le budget alimentaire des ménages reste tendu
Ces ambitions arrivent alors que les prix dans les rayons continuent de grimper. Selon l’Insee, les prix des produits alimentaires ont progressé de 0,9 % sur un an en juillet 2026, avec une accélération marquée sur les produits frais (+3,8 % sur un an). Un contexte qui complique, pour de nombreux foyers, l’adoption des recommandations nutritionnelles jugées les plus favorables à la santé, souvent perçues comme plus coûteuses.
- Trois piliers pour le futur PNNS : manger, bouger, dormir
- Objectif 2030 : -30 % de surpoids infantile, 50 % de produits durables en restauration collective
- Insécurité alimentaire : 9 % en 2016, 16 % en 2022
- Prix alimentaires : +0,9 % sur un an en juillet 2026, +3,8 % pour les produits frais
Une taxe sur la qualité nutritionnelle à l’étude
Parmi les autres pistes avancées par les experts figurent un encadrement plus strict de la publicité pour les produits ultra-transformés destinée aux enfants, une accélération de la reformulation des produits pour réduire sel, sucre et graisses saturées, ainsi qu’une taxe assise sur la qualité nutritionnelle des aliments. Ces propositions restent, à ce stade, des recommandations soumises aux pouvoirs publics et n’ont pas valeur réglementaire.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le PNNS ?
Le Programme National Nutrition Santé est la politique publique française de référence en matière d’alimentation. Il fixe les repères nutritionnels officiels et oriente les campagnes de santé publique depuis sa création.
Pourquoi ajouter le sommeil aux recommandations nutritionnelles ?
Les experts mandatés pour préparer le prochain PNNS estiment que le sommeil influence directement les comportements alimentaires et la sédentarité, justifiant une approche globale sur 24 heures plutôt qu’une focalisation sur la seule assiette.
La réglementation des repas en crèche et en Ehpad est-elle déjà en vigueur ?
Non. Il s’agit d’une mesure prévue par la Stratégie nationale alimentation-nutrition-climat 2025-2030, dont le calendrier réglementaire précis n’a pas encore été publié.
Sources
- Inrae — Recommandations pour le prochain Programme National Nutrition Santé
- Ministère de la Transition écologique — Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat 2025-2030
- Insee — Indice des prix à la consommation, produits alimentaires
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
