Deux baromètres, deux méthodologies, deux chiffres qui ne racontent pourtant pas la même histoire : selon l’enquête Ipsos pour la FFEPGV, 72 % des Français pratiquent une activité physique, tandis que le baromètre national de l’INJEP avance 61 % de pratiquants réguliers chez les 15 ans et plus. Deux photographies légèrement différentes du même mouvement de fond : depuis les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le sport s’installe durablement dans le quotidien des Français.
Deux baromètres, deux définitions de la « pratique »
L’écart entre les deux études ne signale pas une contradiction, mais une différence de périmètre. L’enquête Ipsos/FFEPGV, menée fin 2025 auprès de 2 000 personnes de 16 ans et plus, retient une définition large : 72 % des répondants déclarent pratiquer une activité sportive, un chiffre en hausse de 18 points depuis 2012. L’INJEP, de son côté, distingue la pratique « régulière » (61 %, +7 points depuis 2018) de la pratique « au moins une fois dans l’année » (72 %) sur un échantillon plus large de 4 019 personnes interrogées entre juin et juillet 2025. Les deux enquêtes convergent en réalité sur un même constat : environ trois quarts des Français ont une activité physique au cours de l’année, et cette proportion progresse chaque année depuis une décennie.
L’effet Paris 2024, toujours perceptible
Les deux baromètres pointent le même moteur : l’élan laissé par les Jeux de Paris 2024. L’INJEP relève une progression de 59 % à 61 % de pratiquants réguliers entre 2023 et 2025, « dans le sillage » des JO. Ipsos observe de son côté que le temps hebdomadaire consacré au sport a presque doublé en dix ans, pour atteindre un peu plus de 4 heures par semaine en moyenne.
- Marche et course à pied restent l’activité la plus pratiquée : 32 % des Français s’y adonnent chaque semaine, contre 25 % en 2018 (INJEP).
- 41 % des pratiquants dépassent 3 heures de sport hebdomadaire (Ipsos/FFEPGV).
- L’écart de pratique entre hommes et femmes s’est resserré à seulement 1 point (INJEP), même si les activités choisies restent différenciées : les hommes privilégient les sports intenses, les femmes le yoga et le Pilates.
La santé mentale, premier moteur devant la compétition
Les deux enquêtes s’accordent sur un même changement de motivation : le sport n’est plus d’abord une affaire de performance. « Garder la forme » et « se sentir bien » arrivent en tête des motivations citées par Ipsos, loin devant l’esprit de compétition. Neuf Français sur dix reconnaissent d’ailleurs un impact positif du sport sur leur bien-être mental, un chiffre stable et élevé qui confirme le glissement du sport-performance vers le sport-santé.
Un marché qui s’adapte à la demande
Ce mouvement de fond se traduit aussi du côté de l’offre : les enseignes de salles de sport multiplient les ouvertures pour capter une demande de proximité, tandis que le secteur du bien-être élargit son offre bien au-delà du seul fitness, entre activités de plein air, ateliers de relaxation et pratiques douces. Un signal que la hausse mesurée par les baromètres ne relève pas d’un simple effet d’annonce statistique, mais d’une transformation durable des habitudes.
Pour aller plus loin sur les tendances qui touchent le quotidien des Français, consultez aussi nos rubriques Sport & Activités Sportives, Santé & Médecine et Vie Pratique & Société.
Questions fréquentes
Pourquoi les chiffres d’Ipsos et de l’INJEP diffèrent-ils autant ?
Les deux enquêtes n’interrogent pas exactement le même public (16 ans et plus pour Ipsos, 15 ans et plus pour l’INJEP) et ne retiennent pas la même définition de la « pratique régulière ». Ramenées à la même base (au moins une activité dans l’année), les deux études convergent autour de 72 %.
Les Jeux olympiques de Paris ont-ils vraiment changé les habitudes des Français ?
Les deux baromètres constatent une accélération de la pratique sportive entre 2023 et 2025, années qui encadrent les JO de Paris 2024, ce qui suggère un effet d’entraînement réel, même s’il ne peut être isolé statistiquement des autres facteurs (politiques de santé publique, offre de proximité).
Quelle activité les Français pratiquent-ils le plus ?
La marche et la course à pied arrivent largement en tête, pratiquées chaque semaine par près d’un Français sur trois, une proportion en nette progression depuis 2018.
